Suisse : un virage qui dérange l'Europe

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La France et l'Allemagne ont déploré la décision de l'électorat suisse qui a rejeté par 50,3% des suffrages l'immigration massive en provenance de l'Union Européenne.
Cette décision des urnes signifie que la Suisse va rétablir les quotas sur l'immigration, restreignant l'accès des ressortissants de l'Union Européenne à son territoire.
Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schaeuble a averti que cette décision des urnes va causer "tout un lot de difficultés à la Suisse."
Laurent Fabius, le ministre francais des affaires étrangères, pour sa part a fustigé "une mauvaise nouvelle pour l'Europe", avertissant lui aussi que la Suisse va payer pour son "nombrilisme."
L'initiative du référendum sur le sujet a été soutenue surtout par le parti d'extrême droite suisse, SVP (Parti populaire de Suisse).
Le référendum est intervenu dans un contexte marqué par l'accentuation du débat à travers l'Europe sur la question de l'immigration et l'impact de la libre circulation des personnes.
La Suisse, fière de son indépendance qu'elle protège jalousement, n'a jamais voulu d'une adhésion à l'Union Européenne, mais elle épouse de larges pans des politiques de l'Union.
La Commission de l'Union Européenne indique qu'elle regrette l'issue du référendum et va maintenant en examiner les implications.
La libre circulation des personnes est un pillier essentiel du marché européen commun, un marché qui absorbe plus de la moitié des exportations suisses.
Le référendum a exposé une nouvelle fois les clivages traditionnels en Suisse. Les cantons francophones dans l'Ouest ont voté en faveur de l'immigration sans quotas, tandis que les régions germanophones ont affiché leur indécision là-dessus et le canton d'expression italienne de Ticino a embrassé l'instauration des quotas.
Il faut ajouter que les villes à forte concentration d'étrangers comme Basel, Génève et Zurich ont voté contre la restriction de l'immigration.
Sans surprise, la Suisse profonde des campagnes a dit "Oui" aux nouvelles dispositions.
L'économie suisse est prospère en ces temps marqués par une tendance à la récession au plan mondial. Le pays jouit notamment d'un faible taux de chômage, mais la population reste préoccupée par l'afflux des étrangers.
L'année dernière, 80.000 nouveaux immigrants sont arrivés en Suisse et les étrangers représentent désormais 23% de la population.
La Suisse est ainsi donc le deuxième pays européen en termes d'étrangers vivant sur son territoire.






















