Londres: interdiction du khat

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La police londonienne a distribué des tracts aux membres de la communauté somalienne, pour les avertir de l’interdiction du khat à partir de mardi.
Le khat est une plante mâchée par certains membres des communautés somaliennes, yéménites et éthiopiennes. La substance est déjà contrôlée dans d’autres pays de l’Union Européenne et d’Amérique. Mais certains estiment que le khat n'est pas dangereux, et soulignent que les propres conseillers sur la drogue du gouvernement sont opposés à son interdiction.
A Southall, une zone industrielle située à un jet de pierre de l'aéroport international de Heathrow à Londres, plus de 40.000kg de khat transitent chaque semaine.
"Aussi inoffensif que le café"
Des commerçants venus du Royaume-Uni, de la Belgique ou encore des Pays-Bas viennent récupérer leurs commandes. Dans quelques jours, tout ce commerce sera déclaré illégal. La plupart de ces hommes et femmes ont fait campagne pour arrêter l'interdiction de ce qu'ils considèrent comme une substance aussi inoffensive que le café.
"Si vous réfléchissez de cette façon: la cigarette est légale, pourtant elle peut procurer le cancer; l'alcool est légal aussi et parfois l'ivresse vous empêche de conduire correctement," rappelle Keisi Ahmed, producteur de khat.
La culture du khat constitue une source de revenus pour plus de 6 millions de petits agriculteurs au Kenya. Chaque année, ils gagnent environ 100 millions de dollars.
Selon Felix Mucheru, un autre producteur de khat, consommer cette substance revient à aller au pub, une pratique courante en Grande Bretagne. L’interdiction du khat risque, selon lui, d'être contreproductive : "Le débat sur l'interdiction du khat a commencé dans ce pays il y a plus d'un an. Il a soulevé une grande controverse, parce que c'est le seul marché que nous avons en ce moment en Europe ".
Des femmes souvent contre
Sur le marché britannique, les grossistes achètent la caisse de khat à 100 dollars. Une fois vendu, le produit atterrit dans des cafés fréquentés pour la plupart par des hommes. Certains passent des heures à mâcher le produit tout en discutant devant la télévision.
Mais certains groupes pensent que le khat participe à la dislocation de familles, en éloignant les Somaliens de leur vie conjugale. "De nombreux Somaliens ont divorcé à cause du khat. Souvent, le mari passe toute la nuit à mâcher le produit et se met à dormir pratiquement toute la journée. La femme fait tout le travail. Les enfants ont besoin de la présence de leur père," affirme Khadra Ali, une militante anti-khat.
Les ministres britanniques disent que ce sont les femmes somaliennes vivant au Royaume-Uni qui ont influencé leur décision.






















