Le film des événements en Egypte

Crédit photo, AFP
Le président Egyptien, Hosni Moubarak, au pouvoir depuis 1981 a quitté ses fonctions et remis le pouvoir à l'armée, le 11 février, après 18 jours de contestation populaire.
--JANVIER 2011--- - 25: Début de manifestations qui mobilisent des milliers de personnes. Elles ont été précédées de cinq cas d'immolation, dont un mortel, gestes rappelant celui d'un Tunisien qui a déclenché la révolte ayant renversé Zine El Abidine Ben Ali. - 26: Des milliers de manifestants dans les rues malgré une interdiction des autorités. La police fait usage de gaz lacrymogènes, de matraques et même de pierres. Les protestataires jettent des pierres sur les forces anti-émeutes. - 27: Au moins un millier de personnes arrêtées (officiel). - Dans le nord du Sinaï, des roquettes antichars utilisées contre la police. Accrochages à Ismaïliya. A Suez, des manifestants mettent le feu à une caserne de pompiers.
- L'opposant le plus en vue Mohamed ElBaradei, au Caire, se dit prêt à mener la transition. - 28: Des manifestations massives dans le pays dégénèrent en émeutes: au moins 62 morts dans les heurts manifestants/policiers.
- Moubarak demande à l'armée de faire respecter la sécurité et d'appliquer le couvre-feu au Caire, Alexandrie et Suez.
- Moubarak promet des réformes et annonce un changement de gouvernement.
- Incendies au siège du parti au pouvoir et dans de nombreux commissariats, nuit marquée par des pillages. - 29: Au moins 33 morts dans les heurts. - Moubarak annonce la nomination d'un nouveau Premier ministre, le général Ahmad Chafic, et la création du poste de vice-président, octroyé au chef des Renseignements, le général Omar Souleimane.
- Emeutes dans des prisons. - 30: Des milliers de manifestants au Caire. L'armée boucle le centre-ville avec des chars d'assaut et des avions de chasse survolent la capitale à basse altitude. - 31: Moubarak forme un nouveau gouvernement. Le ministre de l'Intérieur Habib el-Adli est remplacé par Mahmoud Wagdi.
- L'armée s'engage à ne pas faire usage de la force, jugeant les revendications du peuple "légitimes".
- Souleimane propose un dialogue avec l'opposition. --FEVRIER-- - 1er: Plus d'un million de manifestants dans toute l'Egypte. Marée humaine sur la grande place Tahrir, dans le centre du Caire.
-ElBaradei souhaite une "sortie honorable" pour Moubarak. Les Egyptiens "veulent en finir aujourd'hui, sinon vendredi au plus tard".
- Moubarak annonce qu'il reste au pouvoir mais qu'il ne sera pas candidat à la présidentielle, prévue en septembre.
- Le président Barack Obama affirme avoir dit à Moubarak qu'une transition politique pacifique doit débuter "maintenant". - 2: Maintien de l'appel à manifester contre Moubarak vendredi.
- La place Tahrir se transforme en champ de bataille entre pro et anti Moubarak: un appelé de l'armée tué et des centaines de personnes blessées.
Des pro-Moubarak chargent les manifestants à dos de cheval et de chameau, avant d'être encerclés, puis jettent des blocs de pierre sur les manifestants.
- Le Parlement suspendu jusqu'à la révision des résultats des législatives.
- Les Frères musulmans refusent que Moubarak reste jusqu'en septembre.
- L'Egypte refuse les appels de l'étranger à une transition immédiate.
- 3:Les affrontements entre partisans et opposants au président Moubarak, qui ont repris dès l'aube, se poursuivent sur la place Tahrir (Libération), dans le centre du Caire, épicentre de la contestation. - Le dialogue entre le pouvoir et les "forces nationales" a débuté.
- Les affrontements depuis mercredi ont fait au moins huit morts selon un dernier bilan officiel. Selon des sources médicales contactées par l'AFP, les heurts ont fait plus de 1.000 blessés. Selon l'ONU, les heurts de la première semaine ont fait au moins 300 morts et des milliers de blessés. - Le vice-président Omar Souleimane affirme que ni Moubarak, ni son fils ne seront candidats à la présidentielle prévue en septembre.
- D'anciens ministres et responsables sont interdits de sortie d'Egypte (Parquet). - Le Premier ministre Ahmad Chafic présente ses "excuses" et promet une enquête sur les heurts.
- Annonce de l'arrestation par la police d'un employé français d'Amnesty International et d'un autre de Human Rights Watch ainsi que plusieurs autres défenseurs des droits de l'Homme. - Le président russe Dmitri Medvedev parle à Moubarak et espère une solution pacifique. - Les leaders des cinq plus grands pays européens (France, Allemagne, Grande-Bretagne, Italie, Espagne) réclament que le processus de transition commence "dès maintenant" et condamne "tous ceux qui utilisent ou encouragent la violence". Washington condamne les affrontements "choquants". L'ONU appelle à une transition "maintenant".
- 4:Des dizaines de milliers d'Egyptiens affluent vers la place Tahrir, symbole de la contestation populaire au Caire, pour le "vendredi du départ" visant à obtenir la démission immédiate du président Moubarak. - Le secrétaire général de la Ligue arabe, l'Egyptien Amr Moussa, se rend place Tahrir pour aider à "l'apaisement". Dans la matinée, il n'avait pas exclu de se présenter à la succession de Moubarak. Celui-ci avait dit la veille qu'il souhaitait démissionner mais redoutait le chaos dans le pays. - Dans l'ensemble du pays, plusieurs centaines de milliers de personnes répondent à l'appel à la mobilisation. - Le guide suprême des Frères musulmans, Mohammed Badie, déclare qu'il est prêt au dialogue avec le vice-président Omar Souleimane, mais après le départ de Moubarak. Il appelle à "une période transitoire que dirigera le vice-président avec un plein mandat". - L'ex-ministre du Commerce et de l'Industrie Mohamed Rachid Mohamed se voit interdire de quitter le pays et ses comptes bancaires sont gelés. - Le guide suprême iranien appelle à un régime islamique. - Les dirigeants des 27 pays de l'Union européenne demandent que la transition commence "maintenant".
-5:Selon Reporters sans frontières (RSF), 60 journalistes ont été agressés ou attaqués, 57 détenus ou kidnappés, et 17 ont eu leur matériel confisqué ou détruit depuis le 25 janvier.
- Des inconnus lancent une attaque à l'explosif contre un gazoduc en Egypte approvisionnant la Jordanie, poussant les autorités à couperl'approvisionnement sur deux conduites dont l'une livrant du gaz à Israël. L'Etat hébreu décide d'interrompre provisoirement ses importations de gaz naturel.
- Le président égyptien Hosni Moubarak réunit le Premier ministre, les ministres du Pétrole, du Commerce, des Finances, de la Solidarité sociale et le gouverneur de la Banque centrale.Il s'agit de la première réunion du président avec les ministres depuis le limogeage de l'ancien gouvernement la semaine dernière.
- La France a décidé le 27 janvier de suspendre les ventes d'armes à l'Egypte et les matériels de maintien de l'ordre (comme les grenades lacrymogènes) le 25 janvier, indique l'entourage du Premier ministre François Fillon. - Le nouveau vice-président Omar Souleimane et les chefs de l'armée égyptienne examinent des hypothèses visant à la limitation de l'autorité du président Moubarak et à son éloignement du palais présidentiel, écrit le New York Times. - La Bourse du Caire ne rouvrira pas lundi comme prévu. Sa réouverture sera annoncée 48H à l'avance. - Libération de plusieurs journalistes et d'un chercheur français. - La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton salue la "retenue" des autorités égyptiennes. Elle estime également que la marche vers la démocratie au Moyen-Orient présente des "risques de chaos". - Le bureau exécutif du parti au pouvoir en Egypte, le Parti national démocrate (PND), a démissionné, annonce la télévision d'Etat égyptienne. - Le président Moubarak doit rester en place pour assurer la transition politique vers la démocratie, estime un émissaire du président Barack Obama pour l'Egypte, Frank Wisner.
Ces propos n'"engagent que lui et non le gouvernement américain", a immédiatement réagi l'administration américaine.
-6: Les Frères musulmans, confrérie islamiste interdite depuis 1954 et principale force d'opposition en Egypte, acceptent d'"entamer un dialogue" inédit depuis 50 ans avec les responsables du pouvoir "pour savoir à quel point ils sont prêts à accepter les demandes du peuple". - Les discussions - dans le cadre du dialogue national initié par le vice-président Omar Souleimane avec toutes les forces politiques - réunissent également le parti Wafd (libéral), le Tagammou (gauche), des membres des groupes pro-démocratie ayant lancé la contestation, des figures politiques indépendantes et des hommes d'affaires. - L'opposant Mohammed ElBaradei qualifie d'"opaques" ces négociations auxquelles il dit ne pas avoir été invité. Il suggère la création d'un conseil présidentiel de trois personnes, comprenant l'armée, à la tête d'un gouvernement de transition. - Les participants au dialogue conviennent de créer un comité, qui comptera le pouvoir judiciaire et un certain nombre de personnalités politiques, pour proposer des amendements constitutionnels avant la première semaine de mars. - Pour les Frères musulmans, les réformes proposées pour sortir de la crise sont "insuffisantes". - Le vice-président Omar Souleimane a refusé un appel de l'opposition à assumer les pouvoirs du président Moubarak, selon un participant au dialogue. - L'armée renforce sa présence sur la place Tahrir, dans le centre du Caire, où la vie semble reprendre un cours plus normal avec la réouverture de nombreux commerces, banques, routes et ponts. - Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan appelle à une "transition démocratique" en Egypte "dans les plus brefs délais" laissant entendre qu'il est partisan d'un gouvernement intérimaire. - La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton exprime un soutien prudent au dialogue engagé, attendant de "juger sur pièces".
-7-Des milliers d'Egyptiens passent la nuit sur la grande place Tahrir (Libération) au Caire. - Dans la matinée, plusieurs dizaines de personnes empêchent des fonctionnaires d'accéder à la "Mugama", un imposant édifice gouvernemental donnant sur la place Tahrir. Fermé depuis le 25 janvier, le bâtiment, qui héberge des milliers de fonctionnaires, avait partiellement rouvert la veille. - La vie reprend doucement son cours au Caire, avec la réouverture des magasins et des routes depuis la veille. Le couvre-feu est réduit d'une heure. - Annonce de la réouverture le 13 février de la Bourse du Caire, fermée depuis le 30 janvier. - Des inconnus tirent quatre roquettes sur une caserne de police dans la ville de Rafah, située à la frontière de Gaza, faisant un blessé. On ignore encore si cette attaque est liée au mouvement de contestation. - M. Moubarak reçoit le vice-président Omar Souleimane, le président du Parlement, Fathi Sorour, et le président de la Cour d'appel Sari Siyam (agence officielle Mena). - Le constructeur automobile japonais Suzuki annonce avoir redémarré sa production en Egypte, une semaine après l'avoir suspendue, mais les autres manufacturiers nippons continuent d'y geler leurs activités. - Un cadre égyptien de Google, arrêté durant les manifestations, est relâché (source de sécurité). - Le nouveau gouvernement approuve une hausse, à partir du 1er avril, de 15% des salaires des fonctionnaires ainsi que des retraites des militaires et des civils. Il vote la création d'un fonds à hauteur de cinq milliards de Livres (840 millions de dollars) pour compenser les propriétaires de commerces, d'usines et de voitures victimes de vol, de pillage et de vandalisme. - "Le gouvernement se préoccupe du citoyen égyptien et veut améliorer son niveau de vie", déclare le Premier ministre Ahmad Chafic, à l'issue d'une première réunion de l'ensemble du Conseil des ministres. - Cinq personnes arrêtées à El-Arich (nord), soupçonnés de possession d'armes et de tentative de "sabotage". - Le président américain Barack Obama estime que le processus politique enregistre des "progrès", au lendemain du début du dialogue entre pouvoir et opposition. La veille, les Frères musulmans se sont joints à un dialogue national, avec d'autres groupes d'opposition.
-8-Le président Moubarak a formé "une commission qui aura pour mission d'apporter des amendements à la Constitution", annonce dans la matinée le vice-président Omar Souleimane après une rencontre avec le président égyptien. - Hosni Moubarak rencontre au palais présidentiel le chef de la diplomatie des Emirats arabes unis, Abdallah ben Zayed Al-Nahyane. - Réouverture de nouveaux magasins et restaurants, de nombreux Cairotes reprennent le chemin du travail. Début de retour à la normale pour certaines entreprises étrangères. - Devenu un symbole de la contestation, le cybermilitant pro-démocratie et cadre chez Google Wael Ghonim, relâché la veille après 12 jours de détention, reçoit un accueil triomphal place Tahrir. - Au moins 297 personnes ont été tuées durant les manifestations antigouvernementales depuis le 25 janvier, rapporte Human Rights Watch, qui estime que le bilan réel est probablement beaucoup plus élevé.
- L'Allemagne devrait envisager d'accueillir M. Moubarak s'il venait à quitter son pays, estime le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères. - Les Etats-Unis jugent "crucial" que l'Egypte progresse vers une transition démocratique "en bon ordre" (secrétaire américain à la Défense Robert Gates). - La France appelle à "l'émergence des forces démocratiques" au cours d'une transition qui doit se dérouler "sans violence et aussi rapidement que possible" (ministre français de la Défense Alain Juppé). - L'Union européenne demande une "vraie" réforme politique. - La banque centrale égyptienne injecte de "larges sommes en dollars" sur le marché pour juguler la spéculation qui a mis la pression sur la livre
égyptienne (agence Mena).
MERCREDI 9 FEVRIER-- - Au Caire, les manifestants de la place Tahrir, devenu symbole du mouvement et transformé en village de tentes, maintiennent la pression pour le départ du président Hosni Moubarak, au lendemain des manifestations les plus importantes depuis le début de la contestation le 25 janvier. - Sur la place Tahrir, des milliers de protestataires présents en permanence promettent de ne pas céder avant le départ du chef d'Etat. "Ne soyez pas fatigués. La liberté n'est pas encore libérée", crie un militant dans un haut-parleur. - Des centaines de personnes encerclent le Parlement et le siège du gouvernement, situés l'un en face de l'autre, non loin de la place Tahrir. Les deux bâtiments sont protégés par des blindés et le Conseil des ministres doit se tenir dans un autre lieu. - Réouverture de la plupart des commerces dans la capitale. - Dans l'après-midi, des dizaines de milliers de protestataires sont rassemblés place Tahrir. "Je ne crains pas les paroles ou menaces d'Omar Souleimane et de son gouvernement (...)", affirme un étudiant de 25 ans, parmi une foule dense agitant des drapeaux égyptiens. La veille, le vice-président Omar Souleimane a affirmé que le président était "en faveur d'une véritable passation du pouvoir" à travers le dialogue engagé avec l'opposition, mais réaffirmé qu'une fin immédiate du régime "signifierait le chaos". - M. Moubarak reçoit l'émissaire russe pour le Proche-Orient, Alexander Sultanov. - Dans le sud du pays, trois personnes succombent à leurs blessures reçues lors d'affrontements lundi et mardi entre police et manifestants (responsable de sécurité). - Plusieurs mouvements sociaux portant sur les salaires ou les conditions de travail sont apparus dans les arsenaux de Port-Saïd (nord-est), dans plusieurs sociétés privées travaillant sur le canal de Suez (est) et à l'aéroport du Caire (sources syndicales et presse). - Les services d'immigration ont reçu la consigne de ne pas laisser entrer les Palestiniens en Egypte. Douze Palestiniens ont été refoulés à l'aéroport du Caire. - Les Frères musulmans assurent ne pas "rechercher le pouvoir". - Le secrétaire général de la Ligue arabe, l'Egyptien Amr Moussa, estime que le risque, craint par l'Occident de l'émergence d'une Egypte islamiste, "n'existe pas" et que la "révolution" ne va pas faiblir. - Le satellite Nilesat relevant du gouvernement égyptien a rétabli la diffusion d'Al-Jazira après une suspension de onze jours. - En France, la crise égyptienne a touché par ricochet le Premier ministre François Fillon après la polémique sur son séjour en Egypte.
Rappel des faits marquants en Egypte, où le président Hosni Moubarak a quitté ses fonctions et remis le pouvoir à l'armée après 18 jours de contestation populaire.
--VENDREDI 11 FEVRIER--
- Le matin, des dizaines de milliers de manifestants se trouvent sur la place Tahrir, au Caire, et dans les rues près du Parlement, au lendemain de l'annonce par M. Moubarak qu'il transférait ses prérogatives à son vice-président Omar Souleimane, tout en s'accrochant au pouvoir.
- L'armée apporte son appui aux réformes promises par M. Moubarak et appelle à la fin de la contestation. Dans "le communiqué numéro deux", le conseil suprême des forces armées dit se porter "garant" des réformes, en soulignant "la nécessité d'un retour à la vie normale".
- A la mi-journée, un responsable de la sécurité estime à un million le nombre total de manifestants au Caire. Un photographe de l'AFP estime à quelque 400.000 à 500.000 le nombre de manifestants à Alexandrie.
- Dans l'après-midi, au moins 3.000 personnes se dirigent vers la principale résidence du président Moubarak, dans le quartier de Héliopolis. Près de 2.000 manifestants se trouvent à l'extérieur du bâtiment de la télévision d'Etat.
- Heurts entre manifestants et policiers à Al-Arich, dans le Sinaï égyptien: un mort et 20 blessées (services de sécurité). Selon des témoins, un millier de manifestants ont lancé des bombes incendiaires sur le poste de police.
- Vers 13H15 GMT, une source proche du gouvernement indique que le président Moubarak a quitté Le Caire en compagnie de sa famille. Un peu plus tard, le porte-parole du Parti national démocrate (PND, au pouvoir) précise que M. Moubarak s'est rendu dans la station balnéaire de Charm el-Cheikh, dans le Sinaï.
- Le secrétaire général du PND, Hossam Badrawi, nommé il y a à peine quelques jours, s'apprête à démissionner.
- Vers 16H00 GMT, Omar Souleimane annonce que M. Moubarak a quitté ses fonctions et remis le pouvoir à l'armée. "Le président Mohammed Hosni Moubarak a décidé d'abandonner le poste de président de la République et a chargé le conseil suprême des forces armées de gérer les affaires du pays", déclare-t-il.
- Explosion de joie parmi les centaines de milliers de manifestants réunis place Tahrir. "Le peuple a fait tomber le régime!", scande une foule en délire. Les manifestants hurlent de joie et agitent des drapeaux égyptiens.
- Près du palais présidentiel, où des milliers de personnes sont rassemblées, les manifestants hurlent "Allah Akbar!" (Dieu est le plus grand), en s'enlançant, en dansant et en lançant des youyous.
- Le cybermilitant Waël Ghonim, devenu une icône du soulèvement, écrit sur son compte Twitter: "Félicitations à l'Egypte, le criminel a quitté le palais". "La vie recommence pour nous" dit l'opposant Mohamed ElBaradei sur AlJazeera.
- L'UE félicite Moubarak pour avoir "écouté la voix du peuple égyptien". Le vice-président américain Joe Biden salue "un jour historique".
-- SAMEDI 12 FEVRIER--
- A l'aube, des milliers de personnes sont toujours rassemblées sur la place Tahrir au Caire. L'armée, aidée de civils, enlève les barricades et barbelés autour de la place et retire les carcasses de voitures brûlées, traces des affrontements des jours précédents. - La presse gouvernementale salue la "Révolution des jeunes". La télévision 'Etat diffuse un message félicitant le peuple égyptien pour sa "grande révolution" et l'armée pour son "rôle important dans la protection du rôle de la révolution, de la nation et des citoyens". - Vers midi, l'armée, dépositaire du pouvoir depuis vendredi, allège de quatre heures le couvre-feu en vigueur depuis le 28 janvier dans trois grandes villes: Le Caire, Alexandrie et Suez. Il sera désormais effectif de minuit à six heures (22H00 à 04H00 GMT). - Les services de sécurité annoncent l'évasion de quelque 600 prisonniers d'une prison du Caire après des émeutes, qui auraient fait plusieurs morts et blessées. - A la mi-journée, l'armée promet une "transition pacifique" vers "un pouvoir civil élu" et annonce que le gouvernement reste en place provisoirement pour gérer les affaires courantes. Elle assure également que tous les traités régionaux et internationaux signés par l'Egypte, dont celui avec Israël, seraient respectés. - Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu se félicite de l'assurance de l'armée égyptienne que "l'Egypte continuera à respecter le traité de paix avec Israël". - L'ex-Premier ministre Ahmed Nazif et l'actuel ministre de l'Information Anas el-Fekki sont interdits de quitter le pays en vertu d'une décision du procureur général.
--DIMANCHE 13 FEVRIER--
- La place Tahrir au Caire a été rouverte à la circulation dimanche matin, à l'exception d'une partie de cet immense rond-point qui fut l'épicentre du soulèvement populaire, où quelques milliers de manifestants restaient présents. - Huit pièces de grande valeur, dont une statue représentant Toutankhamon, ont été volées au Musée du Caire, qui jouxte la place Tahrir, annonce le patron des antiquités égyptiennes Zahi Hawass. Ces vols ont été découverts lors d'un inventaire après que des inconnus ont réussi à pénétrer dans le bâtiment le 28 janvier, profitant des manifestations à proximité. - Le ministre britannique du Commerce, Vince Cable, estime que les éventuels avoirs à l'étranger du président déchu Hosni Moubarak devraient faire l'objet d'une "action internationale concertée". - Plusieurs dizaines d'employés du quotidien Al Goumhouriyah, l'un des principaux titres loyaux au régime Moubarak avec Al Ahram, ont manifesté devant les locaux du journal au Caire, réclamant le départ de plusieurs de ses responsables. Certains présentaient une "liste des corrompus" où figuraient notamment les noms du PDG et du rédacteur en chef. - Des membres de la police égyptienne, très critiquée lors des manifestations anti-Moubarak, ont défilé "pour leur honneur", en réclamant des hausses de salaires et l'exécution de leur ancien ministre, Habib el-Adli, révoqué fin janvier sous la pression de la rue. Des incidents ont eu lieu avec l'armée. - L'armée a commencé à démanteler les institutions du régime Moubarak en annonçant la dissolution du Parlement et la suspension de la Constitution. Le conseil suprême des forces armées a indiqué qu'il prenait "en charge la direction des affaires du pays provisoirement pendant six mois, ou jusqu'à la fin des élections législatives et pour la présidence de la République". - Ce conseil militaire gouvernera par décrets-lois et son chef, le maréchal Mohamed Hussein Tantaoui, ministre de la Défense et nouvel homme fort du système, représentera cette instance "à l'intérieur comme à l'extérieur", devenant chef d'Etat de fait. - Le conseil suprême a également annoncé la création d'une commission pour amender la Constitution et organiser un référendum sur ces changements. - L'armée a répété que l'Egypte restait liée par les traités internationaux signés, un message destiné à apaiser les inquiétudes des Etats-Unis et d'Israël sur le devenir des accords de paix israélo-égyptiens.
--LUNDI 14 FEVRIER--
- L'armée appelle citoyens et syndicats à cesser les grèves et les protestations sociales. Des arrêts de travail et des manifestations ont lieu dans les transports, la banque, le pétrole, le textile et même des médias officiels et certains organismes gouvernementaux, pour demander des hausses de salaires et de meilleures conditions de travail (sources syndicales et associatives). - La Bourse du Caire fait savoir qu'elle ne reprendra pas ses activités avant dimanche (premier jour ouvré de la semaine en Egypte) en raison des perturbations dans le secteur bancaire. - Paris se tient "évidemment à la disposition de la justice égyptienne" pour examiner la situation des avoirs que détiendrait en France le président déchu et son entourage (ministre de l'Economie). - Le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker, se dit favorable à un gel des avoirs du président démissionnaire. La porte-parole de la chef de la diplomatie européenne n'exclut pas une telle option au niveau européen, mais indique que l'UE attendra une demande du Caire pour agir. - L'Egypte a demandé à la Grande-Bretagne et à l'Allemagne de geler les avoirs d'ex-responsables égyptiens, annoncent le ministre britannique des Affaires étrangères et un porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères. - Deux des pièces volées au Musée égyptien du Caire pendant les manifestations antigouvernementales ont été retrouvées dans le jardin entourant le bâtiment. - Hosni Moubarak pourrait être souffrant, indique l'ambassadeur égyptien aux Etats-Unis, après des articles de presse soulignant que le président déchu aurait souffert d'une crise cardiaque.
( Avec agences)






















