Le M23 protégé par le Rwanda?

Selon le témoignage d'un représentant du gouvernement congolais recueilli par la BBC, sept mois après la fin de la rébellion dans l'est du Congo, le Rwanda refuse toujours que des représentants congolais s'entretiennent avec quelque 500 anciens combattants gardés dans un camp au Rwanda.
Environ 800 000 personnes ont fui leur maison dans l'est du Congo pendant l'insurrection du M23.
Les autorités rwandaises ont toujours nié avoir apporté leur soutien aux rebelles et affirme coopérer avec la République Démocratique du Congo (RDC).
Le M23 avait pris les armes dans l'est du Congo en avril 2012, accusant le gouvernement de marginaliser la minorité tutsie et de n'avoir pas honoré ses engagements pris lors de la signature d'accords de paix.
Après la déroute du M23 face à l'armée congolaise alliée à une force de l'ONU en novembre dernier, d'anciens combattants de la rébellion s'étaient rassemblés dans des camps au Rwanda et en Ouganda.
Une rébellion en RDC
· De tous les groupes rebelles dans l'est de la RDC, le M23 a été le plus actif depuis avril 2012. · Il est constitué en majorité de tutsis, tout comme le leadership rwandais. · Les Etats-Unis et d'autres bailleurs de fonds ont suspendu leur aide au Rwanda, l'accusant de soutenir la rébellion du M23. · Le Rwanda rejette ces accusations. · Au moins 10 autres groupes armés sont toujours actifs dans l'est du Congo. · Leurs fonds proviennent principalement du commerce des minerais de la région comme l'or, l'étain et le coltan, utilisé dans la fabrication des téléphones portables.
Le dernier accord de paix stipulait que les anciens combattants du M23 bénéficieraient d'une amnistie s'ils revenaient en RDC- et que les dirigeants du groupe seraient, eux, poursuivis en justice pour crimes de guerre.
Mais François Muamba, délégué à la stabilité régionale et la sécurité auprès du gouvernement congolais, a accusé le Rwanda de traîner des pieds et de ne pas remplir sa part du contrat, au contraire de l'Ouganda, où certains rebelles ont également fui.
Selon lui, le Rwanda a "protégé" quatre chefs du M23 recherchés, mais la RDC n'a pas souhaité parler de cette question avec son voisin, pour lui montrer qu'il ne « cherchait pas la guerre ».

Crédit photo, AFP
Des représentants congolais ont tenté de s'entretenir avec d'anciens combattants au sujet de leur retour en RDC mais les autorités rwandaises n'auraient pas accédé à leur demande, selon Muamba.
"J'imagine que c'est parce que 70% des anciens combattants sont rwandais, et pas congolais", a-t-il dit à la BBC.
"Ils se pourrait aussi qu'ils gardent ces personnes comme un moyen de pression".
Respecter les procédures
Pour le ministre de la Justice du Rwanda, Johnston Busingye, les procédures doivent être respectées et la RDC n'a pas encore fourni les documents pour un transfert des chefs du M23 recherchés, dont le leader politique du groupe Jean Marie Runiga.
Le Congo avait fait sa première demande de transfert en juillet 2013- et n'a pas jusqu'à présent envoyé les documents qui lui ont ensuite été demandés.
Pour Buingye, il est du devoir du Rwanda de se soucier que les droits des anciens rebelles sont respectés.
"Sommes-nous supposés les jeter à la rue ? Nous respectons le droit humanitaire international ».
Demandeurs d'asile au Rwanda
Lors d'une visite dans un camp au Rwanda pour anciens rebelles du M23, la correspondante de la BBC a constaté que beaucoup d'anciens rebelles avaient déposé des demandes d'asile au Rwanda et ne souhaitaient pas retourner au Congo.
L'est de la RDC est ravagé par un conflit depuis 1994, lorsque des milices hutus ont fui le Rwanda après avoir mis à exécution un génocide contre les tutsis et les hutus modérés.
Les Congolais sont nombreux à souhaiter que les anciens chefs rebelles soient traduits en justice.






















