Guantanamo : prison recrute professeur

 Un poste de professeur à pourvoir dans la baie de Guantanamo, à Cuba, centre de détention militaire américain.
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Le département fédéral de la défense américain annonce : « Voulez-vous travailler pour une passionnante institution scolaire avec 100 dollars par jour ? ».

Le communiqué du département fédéral précise : « Votre mission sera d'offrir une éducation exemplaire qui motive et prépare tous les étudiants au succès dans un environnement dynamique et global. » La rémunération pour ce remplacement est comprise entre 50,50 dollars et 100 dollars par jour.

De quoi faire rêver tout professeur ? A un détail près : le poste est à pourvoir dans la baie de Guantanamo, à Cuba, rendue célèbre par le centre de détention militaire de haute sécurité américain ouvert en janvier 2002 pour recevoir les prisonniers arrêtés lors d'opérations visant à combattre le terrorisme. Cette prison est au cœur du rapport rendu en 2014 par le Sénat américain sur les pratiques de tortures de prisonniers que la CIA a dissimulées au pays.

« En plus de votre enthousiasme à vouloir travailler près d'une prison controversée au sein de laquelle des prisonniers ont fait l'objet de techniques d'interrogatoire discutables, vous devez avoir la nationalité américaine pour candidater », ironise le Time dans un article publié sur son site.

Et le site internet de Gawker on prévient les éventuels postulants, non sans cynisme : « Vous allez apprendre à accepter la violence qui a eu lieu dans les enceintes de Guantanamo, et finalement, ce creux, ce sentiment de gêne que vous ressentez dans le bas du ventre va s'estomper. »

Douze ans après l'arrivée des vingt premiers détenus, la prison en compte encore aujourd'hui cent cinquante-quatre, sur les sept cent soixante-dix-neuf qui y ont été incarcérés au total. La plupart d'entre eux n'ont fait l'objet d'aucune inculpation ni d'aucun procès. Soixante-seize ont reçu une « approbation pour transfert » de l'autorité militaire, ce qui signifie qu'ils sont théoriquement libérables.