Ebola, survivre à tout prix

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L’épidémie d’Ebola continue de faire rage en Afrique de l’Ouest, avec une nouvelle vague d’infections en Sierra Leone. Plusieurs régions rurales du pays sont frappées par la maladie. Une équipe de la BBC s’est rendue à Port Loko, où le virus a fait de nombreux orphelins.

Il n’y a plus grand chose à voir dans ce village de Sierra Leone si ce n’est un bâtiment abandonné entouré de quelques tentes et d’un labyrinthe de clôtures faites de bois et de plastique.

Mais ce village appelé Gbantama situé à quatre heures de route au nord de la capitale est l’exemple même du lent combat mené contre Ebola, l’un des nouveaux bastions du virus.

« Enlevez votre boucle d’oreilles. Pas de montres, pas de bagues », indique un instructeur en charge de la formation d’un groupe de villageois – déjà en sueur dans leur tenue de protection – qui traiteront un nouvel arrivant soupçonnés d’être porteur d’Ebola.

Le village a construit son propre centre Ebola pour traiter les patients.
Légende image, Le village a construit son propre centre Ebola pour traiter les patients.
Amara Sessey, un survivant à Ebola, a perdu sa famille à cause du virus.
Légende image, Amara Sessey, un survivant à Ebola, a perdu sa famille à cause du virus.

A l’extérieur de la tente, on peut observer la moitié du village s’activer : les électriciens, les ouvriers… tous s’attèlent à la construction d’une borne fontaine, d’un foyer extérieur et d’un système d’éclairage autour du bâtiment. Il s’agit d’une ancienne école qui avait autrefois servi de centre de recyclage à des groupes armés dissous à la fin de la guerre civile en Sierra Leone.

« Le lieu est sommaire et sert de centre pour lutter contre Ebola avec l’aide de la communauté, car c’est elle qui peut aider à résoudre le problème », explique Daniel Kertesz, représentant de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

D’un côté de la route, des enfants s’agglutinent sur le bitume, alors qu’en face, tout le monde est mourant ou déjà mort.

Ici, il n’y a pas de véritable système de quarantaine. Les enfants fiévreux sont emmenés à un kilomètre d’ici par des responsables locaux. Ils n’ont pas encore Ebola, mais en restant près de personnes déjà contaminés, leur chance d’échapper au virus est quasi nulle.